7 mai 2017

SLAM

Alors le slam c’est qui, alors le slam c’est quoi ? / Sans parler pour les autres, je dirais que pour moi : / Slamer, c’est embrasser la langue à pleine bouche / La tourner 7 fois pour faire mouche / Slamer, c’est aiguiser sa plume pour déployer ses ailes / Et butiner des mots pour en extraire le miel / Slamer, c’est croiser l’ vers et mettre ses pieds dans l’ plat / Pour se battre pieds à pieds contre la langue de bois / Slamer, c’est s’embarquer pour que chacun s’exprime / Que chacun lève l’encre et qu’ensemble on s’arrime / Slamer, c’est… personnel, à chacun sa pratique / C’est de la parole libre, y a pas de profil type / Mais y a un point commun, chez ces mecs et ces filles / C’est qu’ de c’ monde et son cirque, ils sont les clowns utiles / Sautant du rire aux larmes, ils sont jongleurs d’idées / Ou se font funambules du fil de la pensée / D’autres enfilent un nez rouge pour dépasser leurs peurs / Ou jouent d’ leurs couteaux-plumes en alertes lanceurs / Les fous, les intrépides deviennent dompteurs de mots / Les plus spectaculaires sont les cracheurs de flow / Mais tous ont en commun d’être un peu magiciens / Quelques éclats de vers et vois… l’image y tient / Ils mélangent sens et sons pour mieux faire sensation / Dispensant dans leurs rimes quelques salves de plombs / Car tous ces acharnés, armés d’encre et de voix / Pratiquent la poésie comme un sport de combat / Et s’il arrive parfois qu’ leurs mines soient agressives / Ce sont surtout des armes de dérision massive / Mais n’en déplaise à ceux qui se gaussent de nos proses / Écrire la vie en vers, rime bien à quelque chose…                   © Lautre

A cette définition slameuse, certain-e-s préféreront une approche plus universitaire. Mais elle n’en sera pas forcément plus précise. Ainsi, pour Helen Gregory (qui enseigne à l’université de Brighton), le slam c’est à la fois : « un mouvement, une philosophie, une forme, un genre, un jeu, une communauté, un dispositif pédagogique, un cheminement de carrière, et un gimmick« . Sans entrer dans le détail, ni ouvrir les tiroirs de cette définition (pour cela, se reporter à la conférence-spectacle Vous avez dit « slam » ? ), on pourrait aussi dire, à l’instar de Camille Vorger (qui enseigne à l’université de Lausanne), que « le slam est un OPNI, un Objet Poétique Non Identifié » Mais c’est peut-être le poéte-parolier Souleymane Diamanka qui l’exprime le mieux, lorsqu’il dit que « le slam, c’est de l’oralécriture« .

Car au-delà de toute considération, le slam, c’est d’abord ça, de l’oralécriture, comme une invitation ludique à mêler sens et sons à travers la scansion pour capter l’attention, tenter de faire sensation le temps d’une prestation ; une manière de revenir à la poésie initiale, celle où l’écriture était pour dire, mais dans une totale modernité, en libérant totalement notre rapport à la langue et en l’allégeant jusqu’à mettre deux ailes à sa plume pour laisser s’envoler sa créativité…
C’est ça le slam, une approche à la fois poétique et performative de la langue dans une relation au langage à la fois individuelle, personnelle, et en même temps résolument tournée vers l’autre ; une pratique poétique performative ouverte et accessible à toutes et à tous, résumée en un mot pluriel : « slam ».
D’ailleurs, la légende veut que Marc Smith, qui a codifié et développé cette pratique, ait justement choisi ce terme pour l’ambiguïté induite par ses multiples sens ; les deux principaux étant « chelem », qui renvoie à l’idée de joute et « claquer », qui souligne la volonté que doivent avoir les pratiquant-e-s de bousculer celles et ceux qui écoutent, et par le fond, et par la forme. Une pluralité de sens qui rend bien compte de ce qu’est intrinsèquement le slam : un syncrétisme oratoire poétique et ludique, héritier iconoclaste et débridé de 4 500 ans de pratiques planétaires poétiques, musicales et théâtrales.

Ceci étant, outre cette relation décomplexée à la poésie qui, pour paraphraser Smaïn, consiste à « embrasser les mots en y mettant la langue« , le slam est aussi un formidable atout ludo-éducatif pour renforcer et favoriser la maîtrise de la langue (dans ses dimensions écrites et orales, comme dans leurs inclusions réciproques), ainsi qu’un authentique vecteur de transformation sociale et personnelle contribuant à l’éducation citoyenne, au renforcement de l’estime de soi, à la socialisation, à la construction intellectuelle et à la construction sensible. Et cela, dans une approche directement issue de l’Éducation Populaire, plaçant les participant-e-s à la fois au centre de leur pratique et en interaction avec l’autre.

De ce point de vue, le slam est parfait, quel que soit le public, pour aborder l’expression dans sa double dimension écrite ET orale. Et cela est particulièrement vrai dans le cadre de l’enseignement secondaire, que ce soit au collège ou au lycée (pour tout savoir sur le comment et le pourquoi, cliquer ici)

 

 

Concrètement, l’Oralécriture peut être abordée de différentes façons :

 

Mes dernières interventions :

Ateliers slam

  • Accueil jeunesse Pass Ados, St Brieuc (22)
  • APAJH, Ploumagoar (22)
  • Association APCP, St Agathon (22) & Bar Au diable vos verres, Guingamp (22) – (Mensuel – 15 séquences)
  • Centre Epide, Lanrodec (22)
  • Centre social, Ploufragan (22)
  • Collectif Les bulleurs de mots, Ploufragan (22) – (Co-animation d’un atelier bimensuel pour une 15ne de slameurs, de nov. 2007 à janv. 2010)
  • Collège F. Collobert, Pont-de-Buis (29)
  • Collège L. Hémon, Pleyben (29)
  • Collège Chombart de Lauwe, Paimpol (22)
  • Collège St Joseph, Morlaix (29)
  • Collège Tanguy Prigent, Saint-Martin des Champs (29)
  • Collège Roz Avel, Guerlesquin (29)
  • Délégation Académique à l’éducation Artistique et à l’action Culturelle (DAAC) de Bretagne
  • Ecoles & Médiathèque, Ploumagoar (22) – (2014 & 2015)
  • Ecole et Médiathèque, Plélo (22)
  • E.R.E.A Louise Michel, Quimper (29)
  • FJT Ker Yaouennic, Morlaix (29)
  • Lycée Joseph Savina, Tréguier (22) – (2016 – 2017 – 2018)
  • Lycée professionnel Jules Verne, Guingamp (22)
  • Médiathèque Les Ailes du Temps, Morlaix (29)
  • MJC de Bégard (22)
  • MJC de Morlaix (29)
  • Résidence EHPAD La Boissière, Morlaix (29)
  • Ville de Plerneuf (22)
  • Ville de Pleudaniel (22)
  • Ville de Loudéac (22)
  • Ville de Guingamp (22)

Formation d’enseignants

  • Direction Diocésaine de l’Enseignement Catholique des Côtes d’Armor
  • Réseau Canopé 22

Spectacle slam ou poésie

  • Propaband trio, avec Slamuailes et J’ai rarement dit, au Village Solidaire du Festival Interceltique de Lorient (56)
  • Brumisation – contamination poétique au Vent des Mots (Lorient – 56), avec Propaband
  • « Le printemps des amants 2 », à l’invitation de Gaspard Verdure
  • Lycée Rosa Parks, Rostrenen (22), à l’invitation de Clo (Championne du monde de slam 2015)
  • Fest’Yves Arts de Quiberon (56), à l’invitation de Gérard Mendy (1er slameur français)
  • « Printemps des poètes », Ville de Plouagat (22)
  • SlamÔFéminin (1er collectif féminin de slam), Louvres (95)
  • Festival autour d’Elle, St Agathon (22)

Animation de scènes slam

  • Bar Au diable vos verres, Guingamp (22) – – (Mensuelle – 15 éditions)
  • Association les Amis du Printemps du Conte et de la Poésie, St Agathon (22)
  • Association La toile d’art est née et Médiathèque, Guingamp (22)
  • MJC de Morlaix (29)

Projet culturel en lien avec l’écriture et le slam

  • Association Propaband, Lorient (56)
  • MJC et Ville de Morlaix (29)
  • Maison Louis Guilloux, St Brieuc (22)

Slamer pour d’autres

Atelier « Mes mains ont la parole »

  • Médiathèque et ALSH, Ploumagoar (22)
  • Centre social, Guingamp (22)
  • Association les Amis du Printemps du Conte et de la Poésie, St Agathon (22)

Atelier d’écriture (hors slam)

  • APAJH, Ploumagoar (22)
  • Résidence EHPAD La Boissière, Morlaix (29)
  • Ecoles, Ploumagoar (22)
  • ALSH, Ploumagoar (22)
  • Médiathèque, Ploumagoar (22)
  • Ville de Loudéac (22)
  • Secteur Jeunesse intercommunal, Leff Communauté (22)