SLAM A L’ÉCOLE

Pourquoi ?

Le Slam, c’est mêler sens et sons à travers la scansion, tenter de faire sensation avec sa création pour capter l’attention, poser une réflexion, susciter l’émotion le temps d’une prestation. 

Le Slam, c’est plusieurs formes artistiques en une : poésie + théâtre + musique.

Le Slam, c’est la rencontre entre des procédés classiques d’expression (pratique poétique, rhétorique, expression scénique) et un esprit de modernité (stand-up, rap, punch-line)

Le Slam, c’est une pratique :

  • globale (écrire pour dire scéniquement),
  • complète (le slam apporte à la maîtrise de la langue autant qu’au développement personnel et à la socialisation)
  • simple (un papier, un crayon, une voix, aucun artifice (ni décor, ni musique, ni costume)),
  • ludique (jouer avec les mots et les sons, puis partager les résultats dans l’esprit d’une joute amicale),
  • artistique (stimulant la créativité en lui donnant un cadre d’expression)
  • engageante (intellectuellement, psychologiquement et physiquement)
  • accessible à toutes et tous (sans conditions d’âge, de sexe, d’origine ou de niveau de maîtrise de la langue)

Par ailleurs, sa pertinence éducative est indéniable et multiple :

  • Le Slam est porteur de valeurs (cf. ci-après).
  • Le Slam participe au développement de la confiance de l’élève en ses propres capacités.
  • le Slam préserve le principe de plaisir en dépassant le cadre de l’évaluation.
  • Le Slam participe à donner du sens aux apprentissages.
  • Le Slam renforce la maîtrise de la langue écrite et orale. S’il n’est pas nécessaire de bien maîtriser la langue pour slamer, il est aujourd’hui reconnu que le slam participe à mieux maîtriser celle-ci dans toutes ses dimensions (sémantiques, syntaxiques, rythmiques, orthographiques, lexicales et grammaticales).
  • Le Slam est un outil éducatif et ludique, qui « travaille » simultanément le sens, le son, l’image, la forme et la dimension scénique.
  • Le Slam, parce qu’il est tout autant héritier de nombreux courants artistiques que résolument contemporain, permet de « désacraliser » le faire et le dire poétique, de les rendre accessible, de les mettre à portée… Ainsi, non seulement le slam invite à se nourrir d’œuvres contemporaines venues d’horizons différents (géographiques, stylistiques, etc.), mais il propose aussi d’éclairer celles-ci par et avec des œuvres passées et inversement, de les mettre en miroir, de se les approprier pour mieux les réinventer.
  • Le Slam est un outil précieux pour accompagner certain-e-s élèves en difficultés scolaires en leur permettant de se révéler autrement.

Slamer, c’est poser des mots sur un vécu et le ressenti qui l’accompagne, les émotions.

Slamer, c’est poser des mots sur des questions citoyennes, argumenter, interpeller, prendre position.

Slamer, c’est poser des mots pour accompagner une prise de distance et de recul nécessaire au dépassement.

Slamer, c’est poser des mots aussi pour dire le monde, pour se projeter, s’envisager au futur comme au présent, s’approprier le passé

Slamer,c’est prendre la parole, développer de la confiance pour dire et se dire.

Slamer,c’est écouter et entendre, c’est prendre et recevoir la parole.

Slamer, c’est s’approprier les limites de la parole à l’autre et dans cet espace socialisé, stimuler et renforcer sa propre capacité à exprimer et s’exprimer.

Slamer, c’est aller de soi à la scène pour s’y rencontrer avec l’autre.

Slamer, c’est travailler sa voix, sa diction, sa scansion, ses intonations.

Slamer, c’est se (re)connecter avec son corps pour mobiliser et articuler ses différentes ressources (physiologiques, biomécaniques, psychologiques, émotionnelles)

A travers le prisme du langage exploré par le jeu, le Slam concourt à la médiation culturelle.

En démocratisant la parole individuelle et collective, en leur donnant un cadre et des codes, le Slam participe à la médiation sociale.

Le Slam contribue au développement personnel et au renforcement de l’estime de soi, soutient la prise de confiance en soi et en l’autre et permet d’entrer en relation avec soi et l’autre, de favoriser l’échange.

Le Slam développe le respect de l’autre et de soi, favorise la socialisation et contribue à l’éducation citoyenne.

Le Slam favorise et participe à la construction intellectuelle et à la construction sensible.

Le Slam sollicite nos ressources cognitives, notre mémoire, nos capacités d’attention, d’observation, d’adaptation ou d’expression. Il mobilise activement nos intelligences multiples et nos compétences.

Le Slam permet à chacun.e, individuellement et collectivement, de mobiliser, acquérir et conforter ses connaissances.

Tout au long des ateliers, le processus d’évolution collective développe la solidarité, renforce l’altérité et favorise la résilience.

Tout au long du processus s’alternent des temps où l’on est avec soi (écriture) et des temps ensemble (oralisation), en sachant que l’expression chaque singularité se nourrit des expressions de celles des autres, à la fois dans la manière dont l’autre s’autorise à dire (et m’invite à oser aussi) et dans les choix qu’il fait pour y parvenir (me donnant ainsi d’autres possible pour à mon tour y parvenir)

Le Slam, outil d’Éducation Populaire, procède de valeurs  :

  • Égalité : chacun.e a le droit de dire et tout le monde est à égalité de conditions pour le faire.
  • Liberté : la parole est libre et s’exerce dans un cadre qui garantit cette liberté. Les règles et les lois qui garantissent cette liberté, comme les règles et contraintes inhérentes à cette pratique ne sont pas des entraves mais des bases pour créer.
  • Fraternité : il y a dans le Slam une dimension coopérative et une solidarité entre les membres du groupe qui s’exerce à travers le partage d’une expérience et d’un vécu communs.
  • Respect : de chacun pour ce qu’il est, ce qu’il exprime. On y développe aussi le respect de l’autre en cherchant comment on va pouvoir le toucher au mieux, établir le contact en tenant compte de comment elle ou il va pouvoir recevoir notre parole, sans pour autant expurger celle-ci ou la « banaliser ». Le Slam c’est l’expression d’une singularité face à et en direction d’autres singularités.
  • Tolérance : chacun-e est libre et responsable de son contenu et de l’expression de celui-ci. Cela lui appartient, c’est sa parole. Il n’y a pas de jugement.
  • Bienveillance : l’enjeu, c’est que chacun puisse s’exprimer, partager. Le groupe fonctionne comme un cocon protecteur où les paroles individuelles peuvent éclore, grandir, s’éprouver à l’autre positivement afin de renforcer chacun.e.

A travers le Slam, l’élève apprend aussi à se concentrer, à s’impliquer, à produire un effort dans la durée, à organiser sa pensée et l’expression de celle-ci, à s’interroger sur la portée et le cadre de sa parole.

Avec le Slam, l’élève éprouve la nécessité d’étoffer son vocabulaire, de s’approprier les subtilités de la grammaire, de la conjugaison et de la syntaxe.

Public

Du CP aux élèves de l’Enseignement Supérieur, le Slam peut concerner tout ou partie d’une ou plusieurs classes, sur un ou plusieurs niveaux. L’action peut être spécifique à un établissement (au sein d’une ou plusieurs classes, dans une démarche de projet(s) spécifique(s) ou inter-classes) ou inter-établissements.

Le Slam s’adresse à tous : enseignement général, enseignement professionnel, enseignement adapté.

En classe

Sur le temps scolaire, le Slam peut être abordé dans le cadre général des apprentissages ou faire l’objet d’une approche plus approfondies (dans le cadre de classes à projets artistiques ou culturels (PAG ou PAC), lors de l’épreuve de l’histoire des arts du diplôme national du brevet (DNB) dans la thématique « art et expression », dans le cadre des épreuves anticipées du baccalauréat en 1ère avec la réalisation d’un TPE, etc.

Matières concernées

Prioritairement, l’enseignement du français dans l’interaction et par l’inclusion réciproque de ses dimensions écrite et orale.

En classe aussi, le slam peut donner lieu à des projets transversaux ou EPI, associé à d’autres matières comme :

  • Les langues étrangères ou régionales,
  • L’Éducation civique et citoyenne, l’Histoire, la Géographie, la Philosophie…,
  • L’Enseignement artistique : musique, théâtre, arts graphiques,
  • L’Éducation physique et sportive (travail sur le corps, la voix, le souffle, autour de l’expression corporelle artistique ou l’enseignement de la danse Hip Hop),
  • Les NTIC

Hors classe

Le Slam peut aussi être proposé en dehors du temps scolaire (notamment en internat), dans une pratique plus autonomisée (club durant la pause méridienne ou dans le cadre d’un foyer d’élèves…).

Le Slam peut ainsi servir de support à une action d’instances de type Comité d’Éducation à la Santé et à la Citoyenneté, Conseil de la Vie Collégienne (via le parcours éducatif de santé, le parcours d’éducation artistique et culturelle et le parcours citoyen), Conseil de la Vie Lycéenne ou Éducation Socio-culturelle.

En lien ou non avec ces instances, le Slam peut être un support pour aborder différentes thématiques (relations filles-garçons, conduites à risques, environnement, violence, etc.) ; de nombreuses journées internationales pouvant servir de point d’entrée ou de point d’orgue.

Le Slam peut également être abordé via la Vie Scolaire ou le CDI, durant l’heure hebdomadaire de « vie de classe » ou au cours des stages de formation des délégués.

Types d’interventions

  • Atelier d’oralécriture (atelier sur plusieurs séances),
  • Atelier d’initiation (sur une séance),
  • Accompagnement, coaching, pour une restitution scénique (sur une ou deux séances),
  • Accompagnement de projets d’élèves ou d’équipes autour du Slam, de la poésie ou des arts de la parole,
  • Contamination poétique : conception et mise en œuvre d’actions autour du slam, de la poésie et des arts de la parole sur différents supports et dans différents contextes. Ces actions peuvent aussi bien être tournée vers l’établissement qu’ouverte sur l’extérieur de celui-ci. Elles peuvent être développées en lien ou non avec le calendrier (Printemps des poètes, Semaine de la langue française et de la francophonie, Dis-moi dix mots, Journée européenne des langues, Journées internationales, …). Elles peuvent prendre et cumuler différentes formes :
    • Création d’évènement : scène ouverte, lectures publiques, apéro-poétique (et autres variantes)…,
    • Par contamination visuelle : donner à voir et à lire de la poésie sur de multiples supports (set de table à la cantine, affichage ou étendage poétique, diffusion sonore dans le hall, etc.),
    • Sous forme de happening (commando poétique, attenta verbal…) ou de dispositifs poétiques,
    • Par des portes dérobées (tout support écrit permettant une appropriation ludique ou concrète de la langue : recette de cuisine, poème (surtout surréaliste), calligramme, illustration de texte, jeux de mots et de lettres, art postal….).