Le Slam en milieu scolaire, du CM1 aux formations post-bac

Vous l’aurez deviné, le Slam en classe prend la forme d’ateliers. Différentes formules, de la séance unique de découverte (Slam’ dirait bien) au projets approfondis (Slam-à-l’École et Slame-moi dix mots), en passant par l’atelier d’initiation (Slam’ intéresse), l’atelier modulable (Slam – Poetry is not dead) ou l’atelier d’accompagnement scénique (Orale actitude) sont possibles. A nous de trouver, ensemble, celle qui correspond le mieux à vos attentes.

Slam’ sert à quoi ?

Le Slam est un outil éducatif particulièrement adapté pour accompagner les apprentissages tout au long de la scolarité. Outre ses caractéristiques intrinsèques (cf. Le Slam, c’est quoi ?), le Slam possède aussi de précieux atouts pour venir soutenir les actions des équipes pédagogiques.

Déjà, le Slam est une activité qui génère de l’enthousiasme chez les participant-e-s, qui permet d’éprouver ce plaisir qu’il y a à créer et à échanger, à recevoir et à apprendre sans presque s’en apercevoir… Principe de plaisir qu’il préserve, en dépassant le cadre de l’évaluation sans amoindrir la recherche d’amélioration qualitative.

Le Slam participe au développement de la confiance en ses propres capacités. Pour certain-e-s élèves ayant des difficultés scolaires, le Slam est même un outil d’accompagnement intéressant, qui leur permet de se révéler autrement.

Outil éducatif et ludique, le Slam « travaille » simultanément le sens, le son, l’image, la forme et la dimension scénique.

Il participe à donner du sens aux apprentissages en mobilisant les acquis de manière transversale.

Parce qu’il est tout autant héritier de nombreux courants artistiques que résolument contemporain, le Slam permet de « désacraliser » le faire et le dire poétique pour mieux les rendre accessibles, les mettre à portée… Ainsi, non seulement le Slam invite à se nourrir d’œuvres contemporaines venues d’horizons différents (géographiques, stylistiques, etc.), mais il propose aussi d’éclairer celles-ci par et avec des œuvres passées et inversement, de les mettre en miroir, de se les approprier pour mieux les réinventer.

Le Slam encourage chacun-e, individuellement et collectivement, à mobiliser, acquérir et conforter ses connaissances, étoffer son vocabulaire et s’approprier les subtilités de la langues.

Il contribue pleinement à l’appropriation et au renforcement de la littératie et soutient la maîtrise de la langue dans ses formes écrites et orales, comme dans leurs inclusions réciproques. S’il n’est pas nécessaire de bien maîtriser la langue pour slamer, il est aujourd’hui reconnu que le slam participe à mieux maîtriser celle-ci dans toutes ses dimensions (sémantiques, syntaxiques, rythmiques, orthographiques, lexicales et grammaticales).

Le Slam permet de mieux appréhender le spectre des niveaux de langage, en ouvrant la possibilité de faire se rencontrer langage soutenu, langage courant, termes techniques ou spécifiques, argot, verlan, sabir…, mais toujours au service du sens dans un souci de forme.

A travers le Slam, chacun.e apprend à se concentrer, à s’impliquer, à produire un effort dans la durée, à organiser sa pensée et l’expression de celle-ci, à s’interroger sur la portée et le cadre de sa parole.

Tout au long des ateliers, le processus d’évolution collective et l’interactivité entre pairs développent la solidarité.

Tout au long du processus s’alternent des temps où l’on est avec soi (écriture) et des temps ensemble (oralisation), en sachant que l’expression de chaque singularité se nourrit des expressions de celles des autres, à la fois dans la manière dont l’autre s’autorise à dire (et m’invite à oser) et dans les choix qu’il fait pour y parvenir (me donnant ainsi d’autres possible pour à mon tour y parvenir)

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Le Slam et les programmes

Proposer du Slam aux élèves permet de leur faire découvrir un panel poétique toujours plus large, de les initier par delà à la création poétique, tout en leur donnant un outil leur permettant de dépasser la simple récitation pour les mener vers un engagement personnel dans leur oralisation.

Il peut aussi se nourrir de thèmes abordés dans d’autres matières (histoire, géographie, sciences…), favoriser l’appropriation par une autre utilisation de vocabulaires spécifiques, de notions ou connaissances précises, ou faciliter l’expression d’une parole sur des thèmes plus généraux ou sociétaux (relations filles-garçons, incivilités du quotidien, …) relevant d’autres instances (Comité d’Éducation à la Santé et la citoyenneté (CESC), Vie scolaire, …) ou liés à un contexte local spécifique (travail mémoriel ou projection au futur dans le cadre d’un programme de rénovation urbaine, …).

Le Slam a donc toute sa place dans le temps d’enseignement obligatoires ou dans le cadre des activités pédagogiques complémentaires (APC).

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Éducation artistique et culturelle (EAC)

La Bretagne est région pilote pour l’objectif 100% EAC.

Dans ce cadre, le Slam est un bon moyen à mettre au service des équipes, puisqu’il couvre et relie plusieurs champs artistiques (poésie, théâtre, musique) et qu’il relève d’un large brassage d’influences géographiques et historiques, propices à faire le lien avec d’autres périodes et pratiques.

En primaire

Du CP au CE2, on ne parlera pas de Slam au sens complet, mais ce dernier sera un support pour proposer des jeux écrits ou oraux autour de la langue, des sons, des sens.

Au CM, la pratique du Slam répond aux objectifs du programme d’apprentissages, comme :

  • S’interroger sur la nature du langage poétique (sans acception stricte de genre).
  • Découvrir des poèmes, des contes étiologiques, des paroles de célébration appartenant à différentes cultures.
  • Mettre en œuvre (de manière guidée, puis autonome) une démarche de rédaction de textes : convoquer un univers de référence, un matériau linguistique (lexique et syntaxe déjà connus ou préparés pour l’écrit demandé), trouver et organiser des idées, élaborer des phrases, les enchaîner avec cohérence, élaborer des paragraphes ou d’autres formes d’organisation textuelles.
  • Écrire un texte d’une à deux pages adapté à son destinataire.
  • Utiliser les techniques de mise en voix des textes littéraires (poésie, théâtre en particulier).
  • Présenter à la classe un travail collectif.
  • Écrire un texte de type poétique en obéissant à une ou plusieurs consignes précises.
  • Rédiger des textes courts de différents types (récits, descriptions, portraits) en veillant à leur cohérence, à leur précision (pronoms, mots de liaison, relations temporelles en particulier) et en évitant les répétitions.
  • S’impliquer dans les activités de pratique musicale : jeux vocaux, chants en petits groupes ou en formation chorale, jeux rythmiques…
  • Connaître des genres et des styles de musique variés selon les époques et les cultures.
  • Percevoir et identifier des éléments musicaux caractéristiques de la musique écoutée.

Au Collège

La pratique du Slam au collège permet la mise en place de situations d’apprentissage favorisant l’acquisition des domaines du socle commun de connaissances, de compétences et de culture :

1. les langages pour penser et communiquer

2. les méthodes et outils pour apprendre

3. la formation de la personne et du citoyen

5. les représentations du monde et l’activité humaine

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A travers les parcours

Si le Slam est un outil pertinent pour venir compléter l’offre éducative d’un Parcours d’Éducation Artistique et Culturelle ou d’un Parcours Citoyen, il peut aussi trouver sa place dans un Parcours Éducatif de Santé, notamment lorsqu’il s’agit d’aider à l’expression dans le cadre d’actions de prévention ou d’information.

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Enseignements pratiques interdisciplinaires (EPI)

Le Slam se prête parfaitement à un projet de type EPI. Si l’entrée en Slam la plus évidente est évidemment via l’enseignement du Français ou des Langues vivantes, d’autres disciplines peuvent venir nourrir le Slam du point de vue de la forme :

  • Éducation musicale (relations musique-texte, rythme, …)
  • Arts plastiques (production d’œuvres pour accompagner la restitution ou la valorisation des productions, illustration, …)
  • Éducation physique et sportive (travail sur la motricité expressive, la composition corporelle, les outils physiologiques de l’oralisation, …)
  • Technologie (travail de MAO et autres créations assistées, diffusion multimédia, …)

Par ailleurs, il n’est de Slam sans propos. Là encore, d’autres matières peuvent entrer en résonance :

  • Enseignement moral et civique (expression thématique, …)
  • Histoire et géographie (expression thématique, …)
  • Éducation aux médias et à l’information (expression thématique, …)
  • Physique-chimie (utilisation de vocabulaires spécifiques, restitution de notions, …)
  • Sciences de la vie et de la Terre (utilisation de vocabulaire spécifique, restitution de notions, …)
  • Mathématiques (utilisation de vocabulaire spécifique, restitution de notions, …)

Enfin, il est une autre matière qui se trouve au carrefour du fond et de la forme :

  • Histoire des arts

Le Slam peut aussi servir de matière lors de l’épreuve de l’histoire des arts du diplôme national du brevet (D.N.B) dans la thématique « art et expression »

Au Lycée

Depuis la rentrée 2019, les programmes donnent une place nouvelle à la Maîtrise de la langue et au Développement des compétences orales, à travers notamment la pratique de l’argumentation.

À compter de la session 2021, les élèves ont à présenter une épreuve dite du « Grand oral ».

Là encore, le Slam est un outil complémentaire des pratiques pédagogiques proposées, non seulement pour tout ce qui touche à la prise de parole en public (voix, corps, mental…), mais aussi pour souligner l’importance de la préparation de l’écrit à cet effet (forme, articulation, figures de style, mais aussi support pris comme « partition théâtrale »).

Plus largement, comme au collège, le Slam est un outil pédagogique qui peut être exploité dans le cadre des Enseignements communs ou généraux, d’Enseignements de spécialité ou d’Enseignements optionnels.

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Après le lycée, en formation professionnelle

Le Slam peut venir soutenir l’acquisition ou le renforcement de compétences liées à l’oralité, la prise de parole en public, la synthétisation (exposer un sujet en 3mn) ….