Conférence-Spectacle

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Pourquoi vouloir raconter l’histoire d‘une pratique qui n’a même pas un demi siècle d’existence ?

Parce qu’en y regardant de plus près, le slam est bien plus vieux qu’il n’en a l’air…
Lorsqu’on cherche « slam » sur Internet, on arrive très vite à Marc Smith et au fait qu’il aurait inventé cette pratique ex nihilo en 1986. Ce n’est pas totalement faux, Marc Smith est bien celui qui a donné ce nom à cette pratique oratoire scénique, et c’est aussi lui qui l’a codifié telle qu’on la connait. Mais ce n’est pas non plus totalement vrai. Lorsqu’on regarde ce qu’est le slam, ou qu’on lit ce qu’en disent celles et ceux qui étaient là, à Chicago en 1986, il apparaît que le « slam » est bien plus vieux ; presque aussi vieux que la poésie elle-même en fait. D’où l’envie de revisiter son arbre généalogique, pour tenter de mettre en lumière ses nombreuses racines et mieux prendre la mesure de l’incroyable héritage culturel et historique qu’il véhicule…

Pourquoi aussi vouloir regarder le slam dans sa dimension internationale ?

Parce que ce n’est pas commun, qu’une pratique culturelle née dans un club, fusse-t-il américain, se retrouve, en une petite vingtaine d’années, un phénomène planétaire. Comme si le slam faisait écho partout. Et c’est le cas ! Pourquoi ? Parce que l’ADN du slam est riche de nombreuses cultures, et qu’il me semble intéressant de voir en quoi le slam est un pont entre les peuples, les individus…

Pourquoi enfin ne pas limiter votre présentation aux seules scènes ouvertes ?

Parce qu’au-delà d’être une pratique scénique, le slam est aussi, surtout, un mouvement avec des valeurs, une esprit, une philosophie, et qu’être slameuse ou slameur ce n’est pas juste vouloir briller. Faire du slam, c’est d’abord écrire pour dire, vouloir aller vers l’autre, prendre position…

Vous présentez votre spectacle, à la fois comme une conférence classique et un spectacle participatif ; vous pouvez nous dire pourquoi ce choix ?

Même si j’emprunte à la conférence pour le côté partage de connaissance et l’organisation du contenu, il me parait aussi important de conserver l’aspect participatif du slam et de laisser le public « disposer » de la manière dont il souhaite approfondir ou non tel ou tel autre aspect de ce voyage à travers le temps et les continents. Parce que le slam est avant tout un art vivant interactif.

Comme c’est une conférence, j’utilise des visuels (sous forme de diaporama) et des extraits sonores qui contribuent à rendre mon propos plus accessible. Parce que c’est un spectacle, je ne prétends pas être exhaustif et m’autorise à donner mon avis, à partager mon regard. Et c’est interactif, dans la mesure où je demande au public (enfin, à un groupe « témoin » inspiré des jurys de certaines scènes ouvertes) de choisir ce qui, dans tout ça, l’intéresse.

Je ne suis ni un historien qui déroule un savoir, ni un érudit qui dispense la vérité ; je suis un passeur, un slameur qui vient partager sa pratique et ce qu’il sait de son art…

Quelque chose d’autre à préciser ?

Oui, cette conférence-spectacle peut se suffire à elle-même ; mais elle peut aussi être une occasion de passer de la théorie à la pratique. C’est pourquoi, je la présente également comme une porte ouverte sur une scène-ouverte poétique ou chacun-e pourrait venir partager un texte, qu’elle ou il en soit l’auteur ou qu’il ou elle est envie de se faire porte-parole d’une autre plume…

CG déc 15 - 1

 

Durée : 2h à 4h
Tout public, à partir de 12 ans

 

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