11 janvier 2018

Vous avez dit « Verbaludiste » ?

Ne cherchez pas dans un dictionnaire, « verbaludiste » est un mot inventé ; un terme pour désigner celui qui pratique le « verbaludisme », autre mot-valise formé à partir de :

mini-sculpteur

  • Verbal : qui est relatif à la parole, aux mots, au langage (au sens de capacité humaine d’exprimer ses pensées ou ses émotions et de communiquer au moyen d’un système de signes vocaux, graphiques ou gestuels). Également : qui se fait, s’exprime ou passe par les mots (écrits ou oraux).
  • ludi… : « jouer » en espéranto ; mot formé à partir du génitif du mot latin « ludus », qui signifie à la fois « jeu, amusement » et « école ».
  • isme : suffixe entrant dans la composition de mots désignant des pratiques et des courants de pensée.

Le verbaludisme, c’est à la fois : un moyen, un outil, un dispositif pédagogique, une démarche éducative et une philosophie, relevant concomitamment des principes, de l’éthique et de l’état d’esprit de l’Éducation Populaire et du Slam.

Etre verbaludiste, c’est utiliser le jeu et le slam pour décomplexer ou dédramatiser l’usage de la langue afin d’en favoriser l’appropriation, d’en conforter la maîtrise.

Etre verbaludiste, c’est adopter et promouvoir une démarche éducative, fondée sur une pédagogie ouverte et participative, qui permet à chacun-e de confronter et d’associer langage écrit et langage oral, de les conforter mutuellement à partir de leurs inclusions réciproques, en abordant la langue dans ses différents niveaux (grammatical, lexical, morphologique, phonique, rythmique, sémantique et syntaxique), à travers la poésie, la prose, le jeu de langage ou le discours. Par exemple, en désacralisant l’approche poétique ou en faisant des complexités de la langue et de son expression des prétextes à s’amuser et à expérimenter.

Mais être verbaludiste, ce n’est pas seulement oeuvrer sur le plan verbo-linguistique. C’est aussi, peut-être même d’abord, utiliser le jeu et l’oralécriture pour promouvoir la rencontre, l’échange et le partage entre soi et l’autre, mais aussi entre soi et soi.
Parce que le verbaludisme, à travers le prisme fondamental du langage, procède et concourt à la médiation culturelle et sociale en démocratisant la parole individuelle et collective ainsi que son expression. Le verbaludisme contribue à l’éducation citoyenne, au renforcement de l’estime de soi, à la socialisation, à la construction intellectuelle et à la construction sensible. Le verbaludisme permet à chacun-e, individuellement et collectivement, de mobiliser, acquérir et conforter ses connaissances, d’entrer en relation avec l’autre, de favoriser l’échange, de développer et tester des stratégies diverses. Le verbaludisme sollicite nos ressources cognitives, notre mémoire, nos capacités d’attention, d’observation, d’adaptation ou d’expression, mobilise activement nos intelligences multiples (verbale-linguistique, logique-mathématique, visuelle-spatiale, interpersonnelle, intrapersonnelle, corporelle-kinesthésique, musicale-rythmique, naturaliste) et nos compétences.

Etre verbaludiste, c’est proposer des actions ou des animations verbaludiques à la croisée de l’artistique, du socioculturel et de l’éducatif, seul-e ou en collaborations transdisciplinaires ouvertes ; des animations ouvertes à tout le monde (de 5 à 105 ans), et qui ne supposent pas de « bien parler » la langue pour participer.

 

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